DISCOURS  POUR LA COMMEMORATION DU 70EME ANNIVERSAIRE DU PREMIER VOTE DES FEMMES.

 

Monsieur le Préfet,

Madame la Présidente de l’Association des Femmes Elues de Guyane.

Madame la Directrice Régionale à la Jeunesse, aux Sports et à la Cohésion Sociale et Déléguée Régionale aux Droits des Femmes,

Mesdames, Messieurs

 

Je tiens tout d’abord à excuser Madame Chantal Berthelot, Députée de Guyane, qui regrette de ne pas être des nôtres aujourd’hui. Son agenda parlementaire l’obligeant à être à Paris. Elle m’a donc chargé de prononcer ces quelques mots.

« Je souhaite vous remercier Monsieur le Préfet et Madame la Délégué Régionale aux Droits des Femmes de m’avoir invité à ces célébrations.

Nous commémorons le 70ème anniversaire du vote des Femmes qui marque un premier triomphe contre le conservatisme le plus rétrograde.

Le 29 avril 1945, pour la première fois, les françaises ont pu être candidates et voter aux élections municipales. Une première victoire était remportée en France dans la lutte pour l’égalité entre les Hommes et les Femmes.

C’était la fin d’une injustice : comment se targuer d’être une démocratie si la moitié de la population ne pouvait voter ?

Cette date marquait la fin d’une incohérence : certaines femmes avaient été Ministres (Irène Joliot-Curie, sous-secrétaire d’État à la Recherche scientifique dans le Gouvernement de Léon Blum en 1936) mais ne pouvaient ni voter, ni être élue.

C’est aussi la fin d’une humiliation. Rappelons-nous nos mères, nos grands-mères, nos « gangans », ces « poto mitan », qui élevaient et subvenaient souvent seules aux besoins de leurs enfants,  et devaient demeurer derrière les grilles des bureaux de vote.

Les avancées que nous avons obtenues sont le fruit  de combats âpres depuis plus d’un siècle.

Des luttes triomphales des « Suffragettes » dont certaines ont même offert leur vie pour cette noble cause…

A la conquête de notre autonomie financière avec la fin de l’obligation de l’autorisation du mari pour ouvrir un compte bancaire…

De l’égalité dans l’éducation des enfants avec le passage de l’autorité paternelle à l’autorité parentale…

A la maîtrise de notre corps et de notre destinée avec les lois Neuwirth et  Veil qui consacrent le droit à la contraception et à l’avortement.

Nous femmes, nous mères, nous éducatrices, nous directrices, nous chefs d’entreprises sommes les héritières de ces « fanm djok » qui ont creusé le sillon. Anonymes ou célèbres, chacune d’entre elles mérite que le plus vibrant des hommages lui soit rendu. C’est grâce à elles que nous pouvons faire entendre notre voix. C’est grâce à elles que je peux m’exprimer en ma qualité de Députée.

Nous devons à notre tour, tracer le chemin pour nos filles. Il reste encore des frontières à briser, des causes à mener…

Je regrette que nous soyons encore si peu nombreuses à occuper des fonctions électives. La loi sur la parité crée une situation favorable dont il faut profiter.

Nos voisins sud-américains nous montrent l’exemple avec des Femmes au sommet de l’Etat. Il y a aussi des femmes de qualité… en France… en Guyane… qui peuvent occuper les plus hautes fonctions. Vous devez Mesdames, investir le champ politique.

L’exemple de nos aînées nous rappelle qu’un droit ne se donne pas mais se conquiert de haute lutte. Il nous incite aussi à agir.

Il reste encore beaucoup d’obstacles à vaincre pour une égalité totale.

Nous devons donc réfléchir ensemble aux dispositions nécessaires pour que chacun des habitants de notre territoire puisse s’épanouir et prendre une part active à la gestion de la vie de la Cité. C’est ainsi que nous pourrons renforcer notre cohésion et créer les conditions d’un mieux vivre ensemble.

Je vous remercie. »

 

Chantal Berthelot