Question d’Actualité au Gouvernement

Chantal Berthelot à Madame la Ministre, Geneviève Fioraso

Mardi 16 décembre 2014

Ma question s’adresse à Madame Geneviève Fioraso, Secrétaire d’Etat chargée de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Au cours des derniers mois, l’Europe spatiale vient d’obtenir deux succès historiques.

Tout d’abord la réussite de la Mission Rosetta et de son robot Philae, suivie en direct par des millions de personnes en Europe et dans le monde. Cette mission a été décidée par les pouvoirs publiques, il faut le rappeler,  il y a maintenant 20 ans…

Le second succès a été obtenu avec l’accord passé par les ministres européens, lors de la conférence ministérielle de l’Agence Spatiale Européenne.

Cet accord, prôné par la France, permettra à l’Europe spatiale d’anticiper politiquement et industriellement les futurs enjeux, les futures innovations technologiques et plus encore, les futures évolutions du marché satellitaire…

… Notamment par l’engagement pris sur le programme Ariane 6 qui devra remplacer l’actuel gros lanceur Ariane 5 d’ici à 2020…

Madame la Ministre, en tant que Députée de Guyane et Présidente du Groupe des Parlementaires pour l’Espace,

et au nom de l’ensemble de mes collègues membres du GPE,

Je ne peux que saluer et me réjouir de ces succès majeurs qui sont le fruit de l’excellence française et porteurs d’espoirs pour tous les hommes et les femmes qui travaillent pour le secteur spatial en France.

Madame la Ministre, je souhaite vous interroger sur deux points :

En période de crise, les lourds investissements consentis dans le secteur spatial peuvent être considérés, par certains de nos compatriotes, comme accessoires. Notre responsabilité, en tant que décideurs politiques, est d’assurer un niveau d’information pertinent sur les choix et les stratégies définis.

Pouvez-vous, Madame la Ministre, devant la représentation nationale, qui pourrait un peu se taire, nous éclairer sur les retombées de tels investissements en termes de croissance et d’amélioration du cadre de vie de nos concitoyens ?

Par ailleurs, la Guyane, qui accueille à Kourou le Port Spatial Européen, est tout particulièrement concernée par les orientations et décisions qui sont prises au niveau national et européen.

Madame la Ministre, quelles sont les impulsions que le Gouvernement souhaite donner pour que la Guyane développe les filières scientifiques, industrielles et de services qui composent le secteur spatial ?

Je vous remercie

 

Réponse de Geneviève Fioraso, Secrétaire d’Etat chargée de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

Monsieur le Président.

Mesdames, Messieurs les député(e)s,

Madame la Députée Chantal Berthelot,  Présidente du Groupe des Parlementaires pour l’Espace

Vous l’avez dit, l’année 2014 a été une année formidable pour l’espace, la performance scientifique du petit robot Philae, à 510 millions de kilomètres de la Terre, qui s’est posé sur la comète Tchouri, performance scientifique, performance technologique. Et puis, cette décision prise à Luxembourg, le 2 décembre dernier, de se lancer et de lancer un nouveau lanceur directement, sans passer par une étape intermédiaire, le lanceur Ariane 6. Nous sommes confrontés à une compétition internationale extrêmement forte, très soutenue par les pouvoirs publics américains, pays par ailleurs dit libéral. Donc, nous devions absolument, nous, les Européens, réagir et rattraper le temps perdu au cours du précédent quinquennat.

Nous avons donc décidé de lancer un nouveau lanceur plus modulaire, compétitif. C’est un investissement de 4 milliards d’euros, 4 milliards d’euros par ailleurs pour l’ensemble de la filière des lanceurs, cela fait 8 milliards d’euros d’investissement d’ici 2020 pour un lanceur qui sera prêt en 2020. Ça a été rendu possible par un groupe de travail que j’ai mis en place, avec mes collègues de l’industrie et de l’économie, avec mon collègue de la défense, pour unifier l’offre française entre les acteurs privés et les acteurs publics. Je suis désolée, mais cela n’avait pas été fait auparavant et j’avais trouvé une situation très difficile et peu unifiée en 2012.

En ce qui concerne le Centre spatial guyanais, il va bénéficier d’un investissement de 600 millions d’euros pour un nouveau pas de tir dans les cinq années à venir. Cela va faire de l’emploi pour les jeunes, cela va faire des filières à développer dans l’IUT qui est présidé par le directeur du Centre spatial de Kourou et cela va aussi permettre à des jeunes de se qualifier dans l’Université autonome de Guyane, que j’ai créée il y a quelques mois. C’est une expérience positive et une décision formidable pour l’Europe, pour la Guyane, pour la France et ça montre notre dynamisme lorsque nous sommes unis.